2017 by Jodo

¡HOY MUERTE DEL ARTIFICIAL 2016
Y POSIBLE NACIMIENTO DE UN VERDADERO 2017!

« Año terrible, vanidad de vanidades.
todo vanidad y aflicción de espiritu… »

Con líneas sangrientas dividen la Tierra
agitando trapos con rayas y estrellas,
orgullosos de sus trofeos de plástico
dictan leyes que matan nuestras almas,
usando el crédito como cebo asesino
nos convierten en esclavos de cifras.
Torvos comerciantes injertan en los sesos
publicidad que oculta amenazas abstractas,
traficantes venden acumuladores de ego
a tontos que se sienten vacíos,
artistas lamen sus ombligos sin fondo,
sacerdotes prometen edenes viscosos,
políticos aplauden a sus propios pestañeos,
terapeutas escarban heces de pacientes
envainados en coches que aúllan platino,
envenenadores del mar se reúnen
con envenenadores del aire, de la tierra,
de la sangre, para decretar el lapso de vida
que se le permite a cada ser humano,
madres con gritos de moral petrificada
alaban las manos del cura que hurga
en la inocencia de sus hijos domados,
al alba lameculos con corbatas impecables
arquitectos asesinos erigen falos de cemento
donde en tumbas de techo bajo anidan zombis
de largos dedos blancos haciendo resonar teclados.
Gurús con cara de fotografía vendiendo aspirinas metafísicas,
senos convertidos en pelotas para atraer glotones ópticos,
adolescentes despreciando lo sublime con orgullo de parásitos,
damas elegantes el rostro protegido por la placenta de sus hijos
repartiendo en hospitales vísceras de goma y rosarios,
payasos elegidos como Presidentes por masas tragadoras de basura,
devoradoras de espacio, de tiempo, de imágenes confitadas.
Ojos altaneros negando el milagro, bocas derramando definiciones,
dogmas, petróleo, cadenas, leyes impermeables, mandamientos
acumulados en el pecho como enormes rocas,
sombreros que pesan toneladas, trituradoras de planetas,
hombres envueltos en relojes, mujeres dentro de calzones antibalas,
condones de plomo, cerebros llenos de buitres.
Nada tienen que ver con la delicadeza, sólo conocen la fuerza,
nada tienen que ver con la dignidad, lamen las suelas del dinero.
¿Quién convirtió al ciudadano en un esclavo con deudas?
¿Quién invadió la tierra con rascacielos colmados por funcionarios ciegos?
¿Quién robó el sabor a las frutas para adular lenguas anémicas?
Aunque el sueño lo atraviese todo como un río caudaloso y negro.
Tú no quieroes quejarte ni quieres criticar, quieres abrir
los huesos de sus cráneos y los huesos de sus pies,
quieres que sus pechos se abran como ventanas góticas,
quieres que de sus ombligos surjan tentáculos de agua,
que sus espaldas se partan y sus vértebras azoten el aire
hasta hacerlo estallar en escamas doradas.
Creando tu cotidiana conciencia
te pones el esqueleto y la carne, lanzas la avalancha de latidos,
abres las compuertas al torrente de la sangre,
respiras el aire tumefacto tratando de volverlo sano.
Otra resurrección, otra esperanza,
abres el calabozo insípido, sales a crear pasos y huellas
en las calles aplastadas por una bruma sólida.
Entre muertos compitiendo por un pedazo de premio
buscas bajo cerros de máscaras satisfechas
EL RESPLANDOR DE UN DÍA VERDADERO.

Sacudes de la cabeza diez mil kilos, quitas de los anzuelos la carnada,
haces que el ave rapaz suelte la presa, llenas de conciencia los segundos,
conviertes el deseo en obediencia, disuelves el miedo en la confianza,
cabalgas sobre el lomo de la bestia, donde acá y más allá se cruzan,
en esa rosa que nace de tu sangre, devuelves al tiempo lo que eres.
¡Qué importa que todo se disuelva!
Tu alma sigue dando saltos obstinados, tu esperanza se cristaliza en diamantes,
tus ilusiones marchitas encuentran el sentido ausente.
Ahora te permites ladrar como un ángel,
danzar transmitiendo la menta y el cilantro.
Entre guerras, pestes y huracanes te deslizas,
vas llegando a la superficie divina.

Gracias por este deslizar hacia el fin de la materia
Gracias por esta raíz eterna en el instante efímero
Gracias por esta cadena de madres y padres con el pecho abierto derramando ámbar
Gracias por esta saliva que fertiliza el desierto del pensamiento estéril
Gracias por esta felicidad que navega encerrada en el árbol de mis venas
Gracias por el latido amoroso de mis vísceras y la alegría perruna de mis órganos
Gracias pulmones por obligarme a estar satisfecho de la caricia del aire
Gracias plantas de mis pies por llevarme donde me estoy esperando
Gracias por mi piel cantando con sus poros
y por mi mente que se baña en su propio vacío
Gracias por la energía azul escondida en mis neuronas
por mis cabellos que crecen hacia el cielo
por los recuerdos luminosos que nadan en mi sangre
por mi voz que se divide en siete auras
por el arco iris que surge de mi boca
y va a hundirse en la tuya
Satisfacción como una campana dulce
como hostia más grande que su cáliz
como corazón en un remolino de aire
como flecha perforando un bloque de mármol
¡FELIZ SEA EL VERDADERO 2017!

Alejandro Jodorowsky

…..

Aujourd’hui mort du superficiel 2016
Et possible naissance d’un authentique 2017 !

« Année terrible, vanité des vanité.
Tout en vanité et affliction de l’esprit… »
Lignes sanglantes divisant la Terre
Agitée de drapeaux à rayures et étoilés,
Orgueilleuses de ses trophées de plastiques
Dictant des lois qui tuent nos âmes
Utilisant le crédit comme pâtée meurtrière
Qui font de nous les esclaves des chiffres.
Des marchands tordus injectent dans les cervelles
Des menaces abstraites cachées dans la publicité
Des trafiquants vendent des accumulateurs d’ego
Aux poltrons qui se sentent vides,
Les artistes lèchent leurs nombrils sans fond
Les prêtres promettent des édens visqueux
Les politiques applaudissant à leurs propres battements de cils
Les thérapeutes fouillent la merde de leurs patients
Rengainés dans leurs voitures hurlantes de platine,
Les empoisonneurs de la mer se réunissent
Avec les empoisonneurs de l’air, de la terre,
Du sang, pour décréter la durée de vie
Permise à chaque être humain,
Des mères avec des cris de morale pétrifiée
Louent au ciel les mains du curé fouillant
l’innocence de leurs enfants dressés,
lèches-cul dès l’aube en cravates impeccables
architectes assassins érigeant des phallus de ciment
où nichent des zombies dans des tombes à plafond bas
aux longs doigts blancs faisant résonner des claviers.
Des gourous photogéniques vendent de l’aspirine métaphysique.
Les seins changés en obus pour attirer les gloutons optiques.
Les adolescents méprisent le sublime avec un orgueil de parasites
Des dames coquettes au visage embaumé par le placenta de leurs enfants
Distribuent dans les hôpitaux des viscères de gomme et des chapelets,
Des clowns élus présidents par les masses suceuses d’ordures
Dévoreuses d’espace, de temps, d’images confites.
Des yeux hautains niant le miracle, des bouches répandant des définitions,
Des dogmes, du pétrole, des chaînes, des lois imperméables, des commandements
Qui s’accumulent dans la poitrine comme d’énormes rochers,
Des chapeaux pesant des tonnes, des broyeurs de planètes
Des hommes enveloppés d’horloges, des femmes d’intérieur aux culottes pare-balles
Des préservatifs de plomb, des cerveaux plein de bruits.
Aucun ne souhaite voir la délicatesse, ils connaissent seulement la force.
Aucun ne souhaite voir la dignité, ils lèchent les semelles de l’argent.
Qui a transformé le citoyen en esclave de dettes ?
Qui a envahi la terre avec des gratte-ciel peuplés de fonctionnaires aveugles ?
Qui a volé la saveur des fruits pour flatter les langues anémiques ?
Même si c’est un rêve nous le traversons tous comme un fleuve impétueux et noir.
Tu n’aimes pas te plaindre, ni critiquer, tu souhaites ouvrir
Les os de leurs crânes et les os de leurs pieds
Tu veux que leurs poitrines s’ouvrent comme des fenêtres gothiques
tu veux que de leurs nombrils surgissent des tentacules d’eau
que leurs dos s’effritent et que leurs vertèbres fouettent l’air
Jusqu’à ce qu’elles éclatent en paillettes dorées.
En créant ta conscience quotidienne
Tu places ton squelette et ta chair comme des lances palpitantes
Tu ouvres les vannes au torrent du sang
Tu inspires l’air tuméfié et tu l’expires purifié
Une nouvelle résurrection, une nouvelle espérance,
Tu ouvres la prison insipide, tu pars poser des pas nouveaux des empreintes neuves
Dans les rues écrasées d’une brume épaisse.
Entre les morts qui concourent pour des miettes de prix
Tu cherches fébrilement à travers la foule de masques satisfaits
LA SPLENDEUR D’UN JOUR VÉRITABLE.
Tu ôtes dix mille kilos des têtes, tu retires l’appât de l’hameçon
Tu fais que le fulgurant rapace lâche la proie, chaque seconde emplie de conscience,
Tu changes le désir en respect, tu dissous la peur dans la confiance
Tu chevauches le dos de la bête, où ici et maintenant se réunissent
Avec cette rose qui naît de ton sang, tu rends au temps ce que tu es.
Qu’importe que tout disparaisse !
Ton âme continue d’avancer en donnant des coups de têtes obstinés, ton espérance se cristallise en diamants,
Tes illusions fanées vont à la rencontre de l’absence de sens
A présent tu as le droit d’aboyer comme un ange
De danser parmi la menthe et la coriandre.
Tu te faufiles entre les guerres, les pestes et les ouragans
En direction à l’aire divine.
Merci pour cette chute vers la fin de la matière
Merci pour cette racine éternelle dans l’instant éphémère
Merci pour cette farandole de mères et de pères à la poitrine ouverte d’où coule l’ambre
Merci pour cette salive qui fertilise le désert de la pensée stérile
Merci pour cette joie qui navigue dans l’arbre de mes veines
Merci pour le battement amoureux de mes viscères et la joie canine de mes organes
Merci mes poumons pour m’obliger à sentir la caresse de l’air
Merci la plante de mes pieds pour m’emmener là où l’on m’attend
Merci ma peau de chanter par tous mes pores
Et merci mon mental de te baigner dans ta propre vacuité
Merci pour l’énergie bleue cachée dans les neurones
Merci mes cheveux qui poussent vers le ciel
Pour les souvenirs lumineux qui nagent dans mon sang
Pour ma voix qui se divise en sept auras
Pour l’arche irisée qui surgit de ma bouche
Et qui va plonger dans la tienne
Jouissance d’une douce cloche
D’une hostie plus large que son calice
D’un cœur voltigeant dans l’air
D’une flèche pénétrant un bloc de marbre
Réjouissant sera l’authentique 2017 !

L’ ange – Le pardon

90334640_o

Je loge ton venin, mon affreux dragon. J’accuse ta bile en mon sein, profond. Viens, arraches, détruit, pourfend. Et siffle injure, abois, écrase. Élimine-moi une bonne fois.

Chacun de tes trous de balle, sur ma peau se baignent d’un petit lac sanguin. Tes yeux brûlent hagards, tu sens l’horreur de ton action. Tu te sens impuissant, ô mon ange, mon enfant, tu refuses l’inconscient. Viens te cacher dans mes bras, n’aie plus peur, tu es triste, tu as mal tant et tant. Tes blessures sont des cratères amniotiques, d’où naissent des fleurs d’amour. Ton mal nécessaire a fait naître un bleu jardin sur ma peau, inconnu jusqu’à maintenant.

 

Extrach del libre « La brasa e lo fuòc brandal », Naissença, Bernard Lesfargues

Reis de las barbas negras e crespadas, reis onchats d’òli, reis dels vistons esbleugissents coma robins,

dins los eisserments de vòstras mans avètz pres de fanga un ponhadon

e longament, amb d’escopits, l’avètz prestida amb vòstra saliva de menta e de romanin,

e nascuts son lo cap, los uèlhs grands que i cabussi, lo còl freule, las popas palombas espaurugadas, l’esquina long camin per las cagaròlas de mas pòtas, lo tafanari per ma jòia, lo ventre d’evòri, las cuèissas de mon estrada, e suau, caud, baug, lo niu de gaug, de mofa e d’artemisa que m’enclausís, càrcer de bresca, càrcer mofla, càrcer de petalas de lirga, càrcer d’aiganha, jamai pestelada, càrcer meuna que m’i embarratz, vos,

long de la tartarassa, abrigat del colòbre,

vos m’i embarratz, reis de santal e de canèla, reis de las negras
filhas d’Etiopia, reis de las sablas saurencas de Tartessòs.

 

Rois à la barbe noire et crépelée, rois frottés d’huile, rois aux pupilles étincelantes comme des rubis,

dans les sarments de vos mains vous avez pris une poignée de boue

et longuement, en crachant dessus, vous l’avez pétrie avec votre salive de menthe et de romarin,

et sont nés la tête, les grands yeux où je sombre, le cou fragile, les seins palombes effarouchées, le long chemin du dos pour les escargots de mes lèvres, les fesses pour mon plaisir, le ventre d’ivoire, les cuisses ma grand-route, et doux, chaud, fou, le nid de joie, de mousse et d’armoise qui m’enclôt, prison de miel, prison moelleuse, prison de pétales et de glaieuls, prison de rosée, jamais fermée à clé, ma prison où vous m’acceillez vous,

loin du vautour, sans craindre le dragon,

vous m’y accueillez, rois de santal et de cannelle, rois des noires filles de l’Ethiopie, rois des sables dorés de Tartessos.