Eucharistie

Petits fruits turgescents ourlés de crème attentionnée

Silencieuse, la tarte vulnérable du pâtissier s’offre aux regards

En l’évoquant, la jeune vendeuse et moi

Gloussons de plaisir

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Brouillon san ti

Comment oser ne pas être paresseuse ?

je suis ll’envie de chier et la flemme d’y aller

je suis la faute d’orthographe volontaire

j’insinue l’implicite.

Ainsi nouer

ainsi nue

Hein ? Pli cite

la totalité.

Oserai-je vous faire lire quelque chose d’incompréhensible ?

Cela a-t-il un sens ?

Ai-je envie d’être l’insensée ?

Mais l’encensée et l’encens.

L’insensée brûlée

L’essence est brûlée

L’ encens

Lance en C

Lancée

Brouillon senti lançé

En quête du temps, enquête d’une forme, je franchis l’inabouti, à votre merci.

 

En moi il y a

Je suis la folle cascade, je suis le torrent bruyant

j’entend l’innombrable, je vois l’innommable

je suis canal de ma propre folie et vase de toute l’humanité.

Je suis la mer qui avale. Je suis le pont du suicidé.

Je suis terrifiée et terrifiante.

Je suis tellement sale, si tu savais.

Je suis le génocide, je suis la nausée.

Je ne peux rien me cacher car je vois tout, j’entends tout, je sais tout.

Je suis celle dont tu as le plus peur et qui rie le plus de toi.

Je suis vase de cascade, miette et sang. Je suis canal du torrent.

Je suis toi. Je suis moi.

Je suis Julie, je suis Tèlma.

Je n’ai aucun nom et tous les noms sont à moi.

Je vois l’innombrable, j’entends l’innommable.

Je suis numineuse.

J’insémine la joie de vivre et la foi. En hors de moi.

Et la rivière qui coule, qui coule, qui va.

 

Ce poème est dédié, pour Alice, pour Lili, pour Zoé, pour ma mère, pour mon père et tous les autres sans noms.

Rappel matinal – lecture partagée avec ma fille

Extraction du diamant logé dans les entrailles de la terre à l’image de notre clairvoyance enfouie dans le matériau grossier de notre conscience et inconscience.

Un petit snif de spiritualité de bon matin, parce qu’il  me semble nécessaire de me souvenir de ne pas succomber à la peur et à la haine, que je rencontre, en moi-même et à l’extérieur, encore bien trop souvent à mon goût.

Extraction du diamant …

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Le désir de vengeance, sosie de la haine

Il est important de souligner que l’on peut éprouver une profonde aversion à l’égard de l’injustice, de la cruauté, de l’oppression, du fanatisme, des motivations et des actes nuisibles et faire tout son possible pour les contrecarrer, sans pour autant succomber à la haine.

Si l’on regarde un individu en proie à la haine, la colère et l’agressivité, à la lumière violente et crue de tels débordements, on devrait davantage le considérer comme un malade qu’un ennemi. Un être qu’il faut guérir et non punir. Si un malade pris de folie s’attaque au médecin, ce dernier doirt le maîtriser et le soigner  sans éprouver de haine en retour. On peut éprouver une répulsion sans borne envers les méfaits commis par un individu ou un groupe d’individus, ainsi qu’une profonde tristesse à l’égard des souffrances qu’ils ont engendrées, sans céder au désir de vengeance. La tristesse et la répulsion doivent être associées à une profonde compassion motivée par l’état misérable dans lequel est tombé le criminel.

Il est donc important de ne pas confondre le dégoût et la répulsion devant un acte abominable avec la condamnation irrévocable et perpétuelle d’une personne. Certes, l’acte ne s’est pas fait tout seul, mais même s’il pense et se comporte à présent de façon extrêment nocive, le plus cruel des tortionnaire n’est pas né cruel, et qui sait ce qu’il sera dans vingt ans? Qui peut affirmer qu’il ne changera pas?

Un ami m’a raconté le cas d’un prisonnier détenu dans une prison américaine pour criminels récidivistes qui continuent bien souvent de s’entre-tuer à l’intérieur même de leur geôle. L’un des caïds de la maison d’arrêt décida un jour, pour passer le temps, de participer aux sessions de méditation proposées aux prisonniers. Il témoigne: << Un jour, il m’a semblé qu’un mur s’écroulait en moi. Je me rendis compte que jusque là je n’avais agi qu’en termes de haine et de violence, dans un état semblable à la folie. Je me suis brusquement rendu compte de l’inhumanité de mes actes et j’ai commencé à envisager le monde et les autres sous un jour totalement différent.>> Pendant un an, il s’est efforcé de fonctionner sur un mode plus altruiste et d’encourager ses compagnons à renoncer à la violence. Puis on l’assassina avec une lame de verre dans les toilettes de la prison. Vengeance d’un crime passé. Ces transformations ne sont rares que parce qu’on ne fournit généralement pas aux prisonniers les conditions qui les rendraient possibles. Toutefois, lorsqu’elles se produisent, pourquoi continuer à punir celui qui a nui par le passé? […] Comme le disait Gandhi: << Si l’on pratique « oeil pour oeil, dent pour dent », le monde entier sera bientôt aveugle et édenté. » […]

Matthieu Ricard, Plaidoyer pour le bonheur. Chapitre La haine, page 176.